Si t'es un mec, tu as des tétons qui ne servent à rien. Et juste en dessous, une vraie glande à lait, qui dort. Tu vas voir pourquoi l'évolution ne les a jamais effacés, et comment cette glande peut se réveiller.
Tout se décide avant que tu sois un garçon. Pendant les six premières semaines, rien ne distingue un embryon garçon d'un embryon fille : même plan, même chantier. Dès la quatrième semaine, deux lignes se dessinent sur le ventre, de l'aisselle jusqu'à l'aine : les lignes du lait. Les tétons poussent dessus, chez tout le monde. La testostérone n'arrive que vers la huitième semaine. Trop tard : les tétons sont déjà posés.
Ces lignes, tu les portes encore. Deux personnes sur cent ont un troisième téton, souvent pris pour un grain de beauté, toujours sur ce trajet. Et pourquoi l'évolution n'a rien nettoyé ? Parce qu'un téton inutile ne coûte rien. Il ne te ralentit pas, il ne gêne dégun. Rien à gagner à le supprimer, donc il reste. Et attends, parce que sous le téton, la glande est complète.
Elle attend juste une hormone : la prolactine. À la puberté, un garçon sur deux voit un sein gonfler pendant quelques mois. Et si une petite tumeur de l'hypophyse inonde le corps de prolactine, du lait peut vraiment sortir. Elle peut aussi tomber malade : un cancer du sein sur cent touche un homme. Une boule sous le téton, chez un mec, ça se montre au médecin. Tes tétons ne sont pas une erreur : c'est la trace d'un plan commun, posé avant que ton corps choisisse son camp.
Sources
Moore et Persaud, The Developing Human (lignes mammaires, différenciation sexuelle) ; Gould, Natural History 1993 ; Schmidt, Br J Plast Surg 1998 ; Braunstein, NEJM 2007 ; Fentiman et al., Lancet 2006.
Images : Wikimedia Commons. Embryon de 6 semaines, lunar caustic (CC BY 2.0) ; truie et porcelets, Elivis256 (CC0) ; planche du cerveau, Sobotta 1909 (domaine public) ; silhouettes (domaine public, CC0). Molécule : PubChem (domaine public).





