Une érection, ce n'est pas un muscle qui se contracte. C'est un muscle qui se relâche. Voilà le pénis en coupe : deux cylindres spongieux, et dans chacun, une artère entourée de muscle lisse. Au repos, ce muscle est serré, le sang passe à peine. Tu vas voir comment le cerveau ouvre la vanne, et ce que fait vraiment le Viagra.
D'abord, le signal. Un nerf libère une molécule minuscule : le monoxyde d'azote, un gaz. Il traverse la paroi du muscle et déclenche à l'intérieur une seconde molécule, le GMP cyclique. Elle relâche le muscle. L'artère s'ouvre, le sang s'engouffre : le débit est multiplié par vingt. Mais ça, c'est le remplissage.
Ensuite, la vanne. Les cylindres gonflent contre une enveloppe rigide, et écrasent les veines qui les traversent. Le sang entre, mais ne peut plus sortir. C'est ça, la rigidité : du sang coincé sous pression. Et le cerveau peut couper le signal : stress, peur, une seule pensée. L'adrénaline resserre le muscle, les veines se rouvrent, tout redescend en quelques secondes. Et attends, parce qu'une enzyme joue contre toi.
Puis, l'enzyme. Dans le muscle, la PDE5 détruit le GMP cyclique en permanence. C'est elle qui fait redescendre. Le Viagra n'ajoute rien : il bloque cette enzyme. Sans désir, sans signal du nerf, il ne se passe rien. Et le matin ? Pendant le sommeil paradoxal, le frein du cerveau se lève, et le système s'ouvre tout seul, trois à cinq fois par nuit. Ton corps teste sa tuyauterie. L'érection n'est pas une force. C'est une vanne qui se ferme.
Ne remplace pas un avis médical.
Sources
Lue, N Engl J Med 2000 ; Andersson, Pharmacol Rev 2011 ; Burnett et al., Science 1992 (monoxyde d'azote) ; Boolell et al., Int J Impot Res 1996 (sildénafil) ; Schmidt & Schmidt, Sleep 2004 (érections nocturnes).
Images : Gray's Anatomy (domaine public), OpenStax (CC BY 3.0), PubChem, NIDA (domaine public), silhouette Wikimedia Commons (CC0).