Ton cerveau fabrique son propre cannabis. Depuis toujours. Il s'en sert comme d'un frein, pour calmer tes neurones. Le THC du joint, lui, n'est qu'une copie : il entre partout, et il bloque le frein pendant des heures. On démonte, pièce par pièce.

D'abord, la synapse. Deux neurones, et entre eux, un espace. Le premier envoie des messagers, le second les reçoit. Normalement, l'information va dans un seul sens. Mais quand le deuxième neurone est trop sollicité, il fabrique de l'anandamide, qui remonte à contre-sens et se pose sur un récepteur du premier, le récepteur CB1. Et le premier neurone se calme : moins de messagers. C'est un frein à l'envers, qui empêche le cerveau de s'emballer.

Le THC a presque la même forme. Il se pose sur les mêmes récepteurs CB1, mais partout en même temps, et il reste des heures, là où l'anandamide est détruite en quelques secondes. Résultat : le frein est tiré dans tout le cerveau. Dans l'hippocampe, la mémoire du moment ne s'enregistre plus. Dans le cervelet, les gestes et le temps se déforment. Dans l'hypothalamus, l'appétit se dérègle : c'est la fringale.

Et chez les minots, dont le cerveau se câble encore, tirer ce frein tous les jours, c'est une engatse pour plus tard. Le cannabis n'invente rien : il pirate un système que tu as déjà.

Contenu éducatif, sans promotion d'aucune substance.

Sources

Devane et al., Science 1992 (découverte de l'anandamide) ; Castillo et al., Neuron 2012 (signal rétrograde des endocannabinoïdes) ; Volkow et al., New England Journal of Medicine 2014 (effets du cannabis sur la santé, adolescents).

Vidéo et photos : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 et 4.0.