Couper un oignon, c'est déclencher une arme chimique. Contre tes yeux.
D'abord, un oignon entier ne sent presque rien. Dans ses cellules, deux ingrédients sont rangés séparément : une molécule soufrée, et une enzyme. Ton couteau casse les cellules, et les deux se rencontrent. L'enzyme coupe la molécule, puis une deuxième enzyme la transforme en gaz : le facteur lacrymal.
Ce gaz monte jusqu'à tes yeux. Sur ta cornée, il ouvre une porte de la même famille que celle du piment : une porte qui crie « ça brûle ». Ton cerveau croit que ton œil est attaqué, et il ouvre les vannes pour le rincer. C'est le gaz qui t'escagasse les yeux, pas le jus.
Pourquoi l'oignon fait ça ? C'est sa défense : l'animal qui croque le bulbe prend la bouffée en pleine figure.
Les astuces : un couteau bien aiguisé casse moins de cellules, et un oignon froid libère moins de gaz. Et au Japon, des chercheurs ont mis au point un oignon qui ne fait plus pleurer.
Sources
Imai et al., Nature 2002 (découverte de l'enzyme du facteur lacrymal) ; Bautista et al., Cell 2006 (TRPA1, le capteur des irritants) ; oignon sans larmes : House Foods, Japon.
Vidéos et photos : Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 et domaine public (NARA).