Un moustique plante six aiguilles dans ta peau. Et tu ne sens rien.
D'abord, il te trouve. Ton souffle rejette du gaz carbonique : il le sent à plus de dix mètres. Puis ta chaleur, puis ton odeur. Et seules les femelles piquent : il leur faut ton sang pour faire leurs œufs.
Ensuite, la trompe. Ce que tu prends pour une aiguille, c'est un étui. Dedans, six lames. Deux scies découpent ta peau. Deux autres la tiennent ouverte. Une paille cherche un vaisseau, en se pliant sous ta peau comme un tuyau souple. Et un dernier tube injecte sa salive, qui empêche ton sang de coaguler. Les lames sont si fines que tes capteurs de douleur ne les remarquent presque pas.
Elle reste plantée là, collée comme une arapède, et boit jusqu'à trois fois son poids.
Et le bouton ? Ce n'est pas la piqûre. C'est ton corps qui réagit à la salive : il libère de l'histamine, ça gonfle, ça gratte. Le moustique, lui, est déjà loin.
Sources
Choumet et al., PLoS ONE 2012 (la piqûre filmée sous la peau) ; Raji & DeGennaro, Trends in Parasitology 2017 (comment les moustiques trouvent leur hôte) ; Ribeiro & Francischetti, Annual Review of Entomology 2003 (la salive des insectes piqueurs).
Vidéos et photos : Wikimedia Commons, CC0, domaine public (CDC), CC BY-SA 3.0 et 4.0.